liberté

  • La boite

    L autre rive

     

     

     

    Il y a devant lui, dissumulée derrière ses jambes, un objet

    Plaqué au fond d'une boite en ferraille qui l'obstine,

    Et qui appartient à un groupe de métal précieux et silencieux

    Toutes les boites lui importaient, le menaient à l'essentiel. Il le savait 

     

    Parfois, il choisissait la rouge, parfois non. Il les admirait toutes

    D'abord l'exterieur, puis l'ouvrant en toute délicatesse

    Devant ses yeux émerveillés, apparaissait l'utile objet de son émoi

    Ce précieux appareil qui exhausserait l'ensemble de ses rêves 

     

    Ses boites sont étroites et grandes à la fois

    Cachées somptueusement à l'abri des regards drus

    Et du métal, se répend un parfum imaginaire et audacieux

    L'homme réclame à son esprit les projections insolites et irrélles

     

    Celle-là est bleue-nuit et laisse espérer des envies plus grandes ancor

    Assis sur sa paillasse, le regard penché vers le bas-vide, il scintille

    Il tient le précieux du bout de ses mains fermes et vivaces 

    Il projete son futur en fixant le couvercle qu'il va bientôt ouvrir 

     

    Il ne sait ce qu'apportera l'outil étiqueté au rang de colossal 

    Autour de lui tout n'est qu'ombre et douleur

    Pointé vers la la boite, son cerveau s'évade de toutes impunités

    Il s'absout dès lors de ses déboires futurs qui le caractérisent 

     

    Une porte close et des clès hors de portée puissamment cachées 

    Une planche soutenue par deux chaînes, son lit imposé

    Des murs à peine éloignés les uns des autres. Un sol de rats morts. 

    Des barreaux en guise de fenêtre et dans la boite bleue, une lime !

     

    Une lime dans la boite, un sésame aux envies de départ

    Un temps de réflexion observé pour une belle part de désirs 

    Et commence l'acte chirurgical consistant à avancer sans tapage

    A chaque évolution de son oeuvre, ses lèvres se tendent d'avantage

     

    Et l'aube de la sortie devancée arrive. Il saute dans la rue des princes

    Et commence la peur de se faire pincer. Il n'est pas encore libre 

    Il tombe sur une planque de circonstance: Etroite et discrète 

    Il se pose. La terre est truffée de rats les murs ne sont pas éloignés les uns des autres

     

    Peu importe........Il a les clés cette fois -ci !

    Joseph Bernard