poésie d'ailleurs

  • Tu pars ?

     

    Est-il arrivé le moment de l’absence, du départ ? De la fin d’un cycle ?

    Es-tu au bout de ton chemin  mon ami ? Entre ces deux trains arrogants, lequel  vas-tu prendre ?

    Quelle distance as-tu accompli sur cette croute terrestre pour en comprendre l’essence ?

    Quel parcours achevé parsemé de sons et de silences accompagnés d’un écho serein, mysterieux !

     

    Pour toi la mort n’est autre qu’une conscience située dans une autre dimension

    Celle où les âmes s’accomplissent enfin après leurs labeurs et leurs joies reçus au temps terrestre

    Le sacré, l’univers, l’ombre parmi les ombres qui trouve enfin l’éclaircie d’une oraison lumineuse

    Tu es prêt  pour le départ et de ce pas, tu prépares ton entourage sans brusquer les choses

     

    Soudain, Tu accélères le mouvement.Heureux de retrouver ce monde caché derrière le voile

    Et ceux qui t’entourent, t’accompagnent  t’aiment  au point d’en oublier le temps

    Une parenthèse, un blanc, un entracte s’installent dans nos vies qui se tournent vers toi mon ami

    Une nuit à veiller à te parler,  à blaguer et à t’accompagner sur le sentier qui mène à la mort

     

    Quel sens a notre existence pour un monde de folie qui explose dans une néfaste nébuleuse

    Quel chemin de vie nous assure la certitude d’être ce qu’on doit-être pour passer le pont de l’arche

    Dans un épanouissement vertigineux de jouissance, symbole de réussite morale et philosophique  

    Pour une vie d’Homme accomplie, aboutie, transmise, réservée.  Une telle vie mérite une belle mort.

  • promenade dans un monde sans fin

     

     

     

     

    Promenade dans un monde sans fin

     

    Récurrence sordide et inévitable farce l’âne-culotte court vers le pré édenté poursuivi par la suspicion céleste

    Qui le caractérise  et se plie comme le temps désappointé sur une multitude de points ivres et malvenus

    L’orgasme révolu s’approche de l’histoire sans fin où gisent deux rivières opposées entre deux feux

    L’ogre original voit  toute sa bonté perdu depuis que le silex a rendu l’âme du temps épineux

     

    Convalescence anodine et parfums insensés l’écharpe artificielle se soumet  à l’épreuve du visionnaire

    Drôle de page que ce petit palefrenier hirsute détalant de toutes ses enjambées vers le square du carrousel bleu

    Du vinaigre empathique bleuté et caressant coule derrière ses pas rythmés par la symphonie adulaire

    Une ligne oubliée s’ajoute au texte originel pour rendre le chemin plus stable au lecteur curieux mais formaté

     

    Si toi aussi tu l’abandonnes le gnome inutile s’enfoncera dans la foret magique sans espoir de retour

    Réagit et ramène-nous le garçon pour qu’il comprenne que ce monde peut aussi être merveilleux

    Sans artifice sans inconscience ni parfum altérant sans sang coagulé sans mystère de cœur sens interdit

    Pour que s’ouvre enfin les « illimitudes » ignorantes qui se cachent pour que chacun puisse enfin « s’entrevivre »

     

    L’équivoque passé du philanthrope velu ressurgit de la mémoire du bambin apeuré et caché sous la rivière

    Qui pour le sauver qui pour le rattraper qui pour le surprendre qui qui qui qui comment quoi donc et ?

    Une rature fissurée de l’espace-temps provoque l’apparition saugrenue d’un pelle abyssale ...c’est elle !

    L’âme-sœur apparait du côté ouest des tropiques enchantés et le petit garçon reprend goût à l’image

     

    Transition d’un passé idiot pour un futur immobile l’enfant au teint abusé soulève les indices effacés

    Il imagine une zone effrénée où il danse tourbillonne chante et fredonne peint et foisonne à reculons

    Pierrot c’est son nom marqué à l’encre de pierre sur un registre poussiéreux et sans amour du côté pair

    Impertinent simulacre d’un amour faussement entretenu amenant le garçon à perdre son équilibre existentiel

     

    L’un perd son temps à procréer l’instant de la descendance convaincu de l’inutilité de son espèce idolâtre

    L’autre lui sourit le cajole l’enjôle le caresse l’embrasse lui porte toute la douceur d’un être aimé

    Une colombe se mêle aux instant prénuptiaux sur une toile subissant les aphorismes du passé perdu

    L’artiste a terminé son œuvre qu’il présentera sans ficelle ni filet à ceux de la cité enfermés dans leur classe

     

    C’est fini terminé compacté et torché Il repart dans la forêt magique pour reprendre son souffle artistique

    Pour que revienne la créativité indispensable à sa vie souvent galvaudée et empreinte sur les faux semblants

    Il retransforme sa forteresse imprenable pour que le parfum poétique reprenne ses droits sans un ton imposé

    Transcrit retranscrit parjuré parfois il s’en fout de l’interprétation humaine car c’est un ange de pluie et il glisse

     

    …Récurrence sordide et inévitable farce l’âne-culotte court vers le pré édenté poursuivi par la suspicion céleste

    Qui le caractérise  et se plie comme le temps désappointé sur une multitude de points infinis et malvenus

    L’orgasme révolu s’approche de l’histoire sans fin où gisent deux rivières opposées entre deux feux

    L’ogre original maugrée de  toute sa bonté perdu depuis que le silex a rendu l’âme du temps épineux...

     

    Joseph Bernard

  • Adieu

     

    J’ai décidé de partir loin des poutres de mon enfance proche des pitres de l’innocence

    Un chemin hasardeux de lumières clignotantes sanglant toutes les âmes perdues

    Une étrange fumée rétrécissant le passé vient de passer sur le parcours des écoliers fantômes

    Elle enjambe le pont comme on passe le temps sans pleurer sous le manteau gelé

     

    J’hèle la cuillère rebelle mais elle ne m’entend pas et continue d’inhaler l’incertain

    Pirates des ombres éphémères perdues dans l’icône particulière qui déroute ta mémoire

    Le scalpel atypique se mêle à l’histoire pour donner plus de couleurs alcoolisées

    L’aile du temps n’a plus de lien avec cette fable éloignée et silencieusement magique

     

    La mémoire ne joue jamais de tours lorsqu'on l’embrasse sur le nez d’un clown triste

    Toutes les illusions du cœur ne valent pas une pelote de fruits défendus par Icare

    Si tu empruntes les deniers du culte officiel tu seras leur prisonnier... n’y vas pas

    N’y vas pas, n’en veux pas  nie le pas vers le tumulte du quadrillage culturel

     

    Ce palindrome de rimes et de couleurs imposées par l’élite bien pensante et victorieuse

    Du moins c’est ce qu’elle pense c’est ce qu’il croit ce sale corbeau de tempête

    Rondes quatrains effilés et strophes défilées ignorant dorénavant les règles imposées

    « c’est  pour le besoin de l’enquête » nous dit le chef de meute...... Balivernes!

     

    C’est pour l’éternité….dada dada dada dada

    Joseph Bernard

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  • Les coulisses du temps

     

     

    Le temps et l'espace qui déroulent les coulisses prisonnières

    D'une course inattendue démasquant les nymphes d'automne

    Qui q'ouvrent la nuit le temps d'une diphtongue accrobate

    Larguée et Méfiante, elle s'enlise dans la nef de l'âme

     

    Fondue dans la passion iinnique et dilatoire

    Elle déploie Octobre pour griller Novembre

    Et de chimères en chimères, l'écorce des louanges

    Dors ma bellâtre sur ta minerve gratouillée

     

    Lui, construit ses penates  dans son cerveau destitué d'embryons culinaires

    Ami d'une joie suspendue en fonction diligeante, il dilate la grammaire

    Le mât de cocagne en misère absolue voit mylène la " gloussotte" sursautée

    Et s'effondre le pilône ovale pour faute de caractère qui se dilate dans l'apostrophe

    Joseph Bernard

     

    Joseph Bernard

  • L'humanifère

    Une flamme de bois joue à cache –cache avec le vent dans la clairière du village

    Les habitants se sont camouflés en tison inflammable pour échapper à l’abattage

    Une femme amoureuse croyant toujours au comte de fée avait fauté avec la pluie

    Engendrant une rime puis une strophe de mots insensés qui ulcérèrent le roi des buis

     

    Entre les deux familles coriaces et fières on ne pense plus qu’à sauver son honneur

    Un terrain que la pécheresse et le prince de la forêt  avaient feint d’ignorer sur l’heure

    Des monticules de glands de chêne prirent position sur la butte de la plaine maudite

    Les fantassins humains du clan Mac-ychène se mirent en rang pour répliquer à leur tactique

     

    Ils sont prèts pour le carnage sur fond d’amour interdit entre deux races refusant les mélanges

    Comment un arbre pourrait-il aimer un humain et vice-versa et vice-versa mixte de sang étrange

    Dans les deux camps certains ouvrent leur esprit au mix des cultures et des idées d’esprit métissé

    et les traitres à la tradition du sacré sont parqués dans des camps militaires sans pitié et bien gardés

     

    Les opposants solitaires martèlent de tout leur cœur qu’à l’autre bout de la terre on a ouvert les bras

    A l’amour partagé et au mélange de civilisations insistant sur le fait qu’ un homme de bois dirige l’agora

    Au fil du temps la population de la terre d’en haut s’ouvrira au métissage des races pures et dociles

    En attendant le jour de la délivrance on a pris le maquis dans des forêts arides sournoises et volatiles

     

    Des espions froids au sang de corbeaux hypocrites scrutent les insoumis aux règles royales

    Qu’ils soient de bois ou de souches humaines ils sont unis pour chasser les trouble-fêtes de la morale

    Les camps s’affrontent et veillent parfois à l’unisson sur leur dogmes respectifs source de faiblesse

    Une aubaine pour la résistance qui s’organise petit à petit au sein de la plèbe et des altesses

     

    En attendant ce jour de délivrance prochain les combattants du mix des culture observent la bataille

    Qui dans la minute proche va s’entamer sur le champ neutre des deux clans engagés dans la grisaille

    On rêve secrètement à des moments plus sereins avec des airs de parfums aux essences mélangées

    Les amours cachés entre un hêtre de bois avec une humaine s’égrainent petit à petit dans les pensées

     

    Bientôt qui sait...une loi fera de l’interdit une possible ouverture d’esprit dans une société ouverte

    A l’amour mélangé au métissage organisé et régenté pour le bien de l’humanité et des conifères

    Les « humanifères » verront enfin le jour dans une civilisation retrouvée et pointée vers l’avenir

    En attendant  moi humaine je tente de résister dans cette prison  escarpée je t’aime mon chêne-émir

     

     

     

  • La boite

    L autre rive

     

     

     

    Il y a devant lui, dissumulée derrière ses jambes, un objet

    Plaqué au fond d'une boite en ferraille qui l'obstine,

    Et qui appartient à un groupe de métal précieux et silencieux

    Toutes les boites lui importaient, le menaient à l'essentiel. Il le savait 

     

    Parfois, il choisissait la rouge, parfois non. Il les admirait toutes

    D'abord l'exterieur, puis l'ouvrant en toute délicatesse

    Devant ses yeux émerveillés, apparaissait l'utile objet de son émoi

    Ce précieux appareil qui exhausserait l'ensemble de ses rêves 

     

    Ses boites sont étroites et grandes à la fois

    Cachées somptueusement à l'abri des regards drus

    Et du métal, se répend un parfum imaginaire et audacieux

    L'homme réclame à son esprit les projections insolites et irrélles

     

    Celle-là est bleue-nuit et laisse espérer des envies plus grandes ancor

    Assis sur sa paillasse, le regard penché vers le bas-vide, il scintille

    Il tient le précieux du bout de ses mains fermes et vivaces 

    Il projete son futur en fixant le couvercle qu'il va bientôt ouvrir 

     

    Il ne sait ce qu'apportera l'outil étiqueté au rang de colossal 

    Autour de lui tout n'est qu'ombre et douleur

    Pointé vers la la boite, son cerveau s'évade de toutes impunités

    Il s'absout dès lors de ses déboires futurs qui le caractérisent 

     

    Une porte close et des clès hors de portée puissamment cachées 

    Une planche soutenue par deux chaînes, son lit imposé

    Des murs à peine éloignés les uns des autres. Un sol de rats morts. 

    Des barreaux en guise de fenêtre et dans la boite bleue, une lime !

     

    Une lime dans la boite, un sésame aux envies de départ

    Un temps de réflexion observé pour une belle part de désirs 

    Et commence l'acte chirurgical consistant à avancer sans tapage

    A chaque évolution de son oeuvre, ses lèvres se tendent d'avantage

     

    Et l'aube de la sortie devancée arrive. Il saute dans la rue des princes

    Et commence la peur de se faire pincer. Il n'est pas encore libre 

    Il tombe sur une planque de circonstance: Etroite et discrète 

    Il se pose. La terre est truffée de rats les murs ne sont pas éloignés les uns des autres

     

    Peu importe........Il a les clés cette fois -ci !

    Joseph Bernard

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Il part

     

    Martinakis

     

     

     

    " Arckilandys" se trouvait près d'une fenêtre en soi

    Sur une antique flammée couvrant le chef de fils multicolores.

    L'orge des açores bondit en un soudain festin maudit.

    De créations en aiguilles désinvoltes, empire trébuchant 

     

    Classique oriflamme sur-tendue de corde de plomb,

    L'abusif oripeau clame avec ferveur sa culpabilité.

    Et sous un monticule de colonnes papier-mâché, 

    Personne ne le croyait et tel était son larçin.

     

    Enfermé dans l'innocence, vision d'un instant déroulé,

    L'épique atome pactise avec ce crabe naissant.

    Il l'a enfin trouvé en lui son ami fidèle

    S'abreuvant de ses entrailles et réduisant ses ripailles.

     

    Libre comme l'air, un songe de nuit colle ses larmes

    Sur un divan délavé relevant le défi de l'apaisement.

    Il a trouvé le temps, penche sa loupe sur le sable,

    Et dans un terminus irrémédiable, il ferme ses yeux.

     

    Joseph Bernard

     

     

  • Quartiers Intimes

     

     

     

     

     

     

    Destin d'une orange oubliée sur une colline de sel

    capsule vitrifiée dans un confinement stérile

    Pulpe tournoyante dans un rêve fertile

    Zest de ton à croche molle et imberbe

     

    Clown Alpestre apôtre de l'agrume

    Averti du destin impossible de son fruit

    Emboite le pas du blanc-mont en clochetant

    D'une main ferme, relative, anonyme, avide

     

    L'arrogante mère qui crie sa démesure

    Elle, blanche, se sentant un ton en dessous

    Ordonna au clown de renier l'orange

    Jamais, jamais, ô grand jamais

     

    La façade enfin écartée sans complexe

    Il peut, désormais, entrevoir le ciel silencieux

    Et dessous sa belle ronde dulcinée

    Soulagée de l'arrivée de son clown chéri

     

    Il pela l'orange d'un amour léger

    Et dégusta ses quartiers intimes

    Sur un rythme de jazz adouci

    Sourire de lèvres assouvies

     

    Joseph Bernard

     

     


     

     

     

  • Couleur-Douleur

     

    J'aime beaucoup les textes de Françoise Pitte. Sa justesse et sa finesse d'écriture sont inégalables.La profondeur de ses textes me laisse tout le temps sans voix. Je bois ses mots et ses poésies toujours avec émoi. J'ai choisi ce texte de Françoise car il évoque un sujet qui me tient à coeur.

     

     

    Couleur, Douleur

     

    Nous ne parlerons pas de la FEMME berbère

    Dans un ksar de l’Atlas ôcre et sans avenir.

    Tissage manuel, feu à entretenir

    Toujours ceinte d’enfants sous l’œil noir d’un cerbère.

     

    Nous ne parlerons pas de la FEMME birmane

    Prix Nobel de la  Paix, murée en sa maison.

    Dans Rangoon résigné, face à la déraison

    La femme aux yeux de jade est une fleur qui fane.

     

    Nous ne parlerons pas de la FEMME tchétchène

    Quand la neige assourdit le pas des assassins.

    Violeurs et pilleurs, ils ont de noirs desseins

    Et la plaine rougie est une scène obscène.

     

    Nous ne parlerons pas de ces FEMMES afghanes

    Dont les yeux grillagés se ferment de terreur

    Sous l’éclat de la bombe et le sang et l’horreur

    De corps déchiquetés en terres musulmanes.

     

    Nous ne parlerons pas de la FEMME irlandaise

    Et de ces religions qui bâtirent des murs

    Dans Belfast ou Armagh, quand les jours sont obscurs

    Sur la lande infinie où plonge la falaise

     

    Car la vie est ainsi, la vie est une FEMME

    Qui enfante souvent au hasard d’un destin.

    Les puissants jouent aux dés, amassent le butin

    La FEMME et son enfant sont au centre du drame.

  • Volets clos

     

     

    C’est un pays où les maisons parlent

    Les passants sont  indolores

    Les bateaux s’enfuient dans la mer

    Filant vers des aventures novatrices

     

    Les innocents plaident coupable sans prétentions

    Les histoires d’amours ne sont plus que des mythes

    Une vague gonfle et une rumeur passe

    La mer attend son coupable

     

    Les esclaves du temps, les enclaves du sang

    Les assisses mal placées souffrent de se taire

    Une douleur sans arrière saison

    Et l’époque des croyances révolues!

     

    Viens là aller danse danse!

    C’est le rock du Christ

    Oh là, va voir ton dentiste !

     T’as une dent contre la foi

     

    Ta rate explose et ton cœur s’dilate

    Étais-tu vierge au moins avant?

    Toi alors, petite pécheresse!

    Lui mature et joueur: gros dégouttant

     

    Il allume son cierge calfeutré

    Il te déflore sans ton accord

    L’amour tant souhaité et attendu

    Et la honte plaide au fil du temps

     

    Putain de lui!

     

    Texte écrit par Frédéric Quillet et tiré du recueil "Le Ventricule Gauche" édité par les éditions 813

     

     

  • Anésidora

     

    Anésidora

     

    Ombres et lumières sont permanents dans l'océan

    Ombres et lumières s'activent ensemble dans le néant

    Ombres et lumières nagent gaiement dans l'isoloir

    Ombres et lumières s'inspirent en fait de ton histoire

     

    Le code identique qui s'oublie sur ce banc

    instants frénétiques amourettes d'antan

    l'idiot du village s'accroche à tes cheveux

    tu l'ignores et de rage tu le rends frileux

     

    Synopsis érotique pour l'aventure pelliculaire

    Il y a un drôle de "trip" dans ce fourgon cellulaire

    qui m'emmène au lendemain de ce meurtre sidéral

    Vers ma dernière demeure, la prison fédérale

     

    Scénario qui dérange le gentil petit bourgeois

    des "sens interdits" apparaissent sur le toit

    d'un ciné vieillissant qui avale ces couleuvres

    et qui ne pourra garantir la première de tes œuvres

     

    Laconique ou prolixe, tu exprimes ta peine

    Cette société dormante s'oppose à tes scènes

    Pourtant sobres et pudiques, elles restent dans la boite

    Que même Pandore ignore de ses lèvres délicates

     

    Elle t'emmène dans cette jarre, ce fameux puis sans fond

    pour fumer un cigare, le dernier d'une légion

    Cette  volonté demandée, attendue, détestée

    sera le dernier acte de ta vie insensée.

     

    Les balles des fusils s'incrustent dans ton corps

    tu tombes brutalement sur ton triste sort

    un instant de folie t'amène à regrétter

    celui qui un jour te pris sous ses idées

  • Une bouteille à mer

    Claquements inattendus sur un ban de ruines attendant la correspondance de douze heure

    Sur la baie opposée à la salle d’embarquement volontaire trois corps gisent de bonheur

    Des anciens inscrits pour le voyage qui finalement se sont donnés la mort pour fuir

    L’implacable destin réservés aux volontaires du programme « destination Vioquir »

     

    Une oraison funeste perdue dans la lame bleuté de l’océan s’agite telle une ombre

    Planant sur les « élus » qui partiront 5 millions sans inverser l’issue ni le nombre

    Je ne sais pourquoi j’esquivais ce jour-là un refus d’obtempérer à l’ordre militaire

    De rejoindre le convoi pour la gloire de ma nation et la lutte pour la suivie humanitaire  

     

    Un destin une fissure un hiéroglyphe une ficelle ...tant d’éléments qui orientèrent mon choix

    Une intuition une croyance un flair une pensée tant de sentiments qui assurèrent ma voie

    Celle d’un homme libre dépaysé par l’intérêt général et telle la mésange citadine et latine

     Je marchais sur le rebord de ce toit comme le funambule acrobate imitant la zibeline

     

     J’avais découvert qu’au nom du bon sentiment national nos chefs préparaient le pire brasier

    Dans lequel périraient millions par millions les plus faibles de la cité avec une cruauté niée

    Les âmes rebelles accompagnaient le cortège vers la dernière demeure...la dernière rumeur

    Un vaisseau planétaire chauffait sur l’ère d’envol l’air de rien comme une routine ultérieure

     

    Si seulement ils savaient si seulement j’avais su plus tôt le but ultime de ce voyage

    Une seconde chance disaient-ils une nouvelle planète attendaient les colons sauvages

    L’annonce alléchante du pouvoir les avait convaincus et d’un pas serein ils accoururent

    Répondre à l’arnaque colossale organisée et ventilée par  des chefs des traitres des raclures

     

    Un vertige incessant m’empêcha d’accepter au dernier moment ce nouveau challenge

    J’avais senti la supercherie mais trop tard...En signant le formulaire A75Z pas d’échange

    Alors pour rester libre et éviter une exécution certaine je pris le maquis me cachant près du quai

    Nous étions trois insoumis trompant la vigilance de nos gardes et échouâmes dans la baie

     

    Cachés de tous, nous observâmes la scène et accompagnâmes nos camarades de fortune

    Qui en rejoignant le vaisseau maudit se réjouissaient déjà de leur prochaine Neptune

    Une minute après le décollage l’explosion un ciel meurtri une apocalypse vision

    « Pas de témoin » annonça le chef de l’escouade en nous retrouvant et trois balles en violation

     

     Bientôt, amis terriens, frères humains, vous rentrerez à nouveau dans l’ère du sang

    Ou les plus forts en finiront avec les plus faibles de leur race et les plus vieillissants

    Comme nous vous connaitrez la peur des massacres programmés pour le bien de l’humanité

    Je vous transmets ce message dans cette bouteille : prenez le maquis de la liberté

     

    Joseph Bernard

  • Rester libre et vivant

     

     

    Une puce électrique marche à pas velouté sur la dune chimérique cabossée et embuée

    Une palme académique traverse Cannes et sa jetée suivie par Childéric le roi celte de l’été

    Un tocsin affable caresse le carillon cathodique d’une église d’une étable envahie par une toxine

    La plage béante s’échappe du tableau accrocheur une gouache perdue reprend ses couleurs câlines

     

    Soudain on songe un instant à enfermer l’auteur de ce premier quatrain libre pour folie mensongère

    Mais l’auteur s’empresse de cacher ardemment ses écrits en cherchant non loin dans sa chimère

    Drôle d’endroit pour abriter des vers sauvages et libertaires peu importe dit le courageux géniteur

    De ces textes amovibles sautillants sur mille toiles en papiers supérieure il leur doit de l’ardeur

     

    Le père inferieur du monastère bleu me tend le message et d’une main ferme au bras tendu il m’accueille

    J’ai pris place dans une cellule pour échapper à mes geôliers culturels et enivrés par leur écueil

    Un lieu chaste et silencieux dépourvu de couleurs de tourbillons et d’instants frénétiques m’héberge

    Je n’ai pas le temps de penser aux tumultes provoqués dans mon esprit pernicieux par ce simple cierge

     

    La flamme de ma cellule tourbillonne dans ma tête d’esclave affranchi et de poète inconvenant

    Je souille un lieu sacré par des corps d’esprit lumineux muet mais toujours méditant et priant

    Suis-je digne de fouler leur espace ? pensais-je soudainement en terminant mes ablutions

    Une douche de modestie s’imprègne alors sur ma peau récalcitrante face à tant d’adoration

     

    La porte s’est refermée et ainsi caché dans le cloître des pénitents ma vie est sauvée dans un sens

    J’ai opté pour le silence, la sobriété et la perpétuelle méditation au détriment de mon indécence

    Est-ce le prix à payer pour continuer de rugir d’exister de respirer même dans une forme aphonique ?

    Un tourbillon d’amnésie effleuré de prières m’incite à parcourir ce labyrinthe spirituel et inique

     

    Dehors sur la butte on m’attend d’un pied ferme en jacobin vengeresque décidé à en découdre

    Avec mon esprit libertaire et anarchique qui leur déplait au point de me broyer dans la foudre

    Traitre je suis à leur yeux et tels des pères inquisiteurs d’un autre siècle désormais ressuscité

    Ils mettent ma tête à prix d’une mort suspendue sur le fil de l’âme libérée déconfite et endiablée

     

    le comble est de mise et c’est désormais sous le regard de ce moine compatissant et ubuesque

    Que ma nouvelle vie d’homme perdu sans foi ni regard va commencer dans ce lieu dantesque

    Une foi s’offre à moi je l’ignore la combat dans un aphasie littéraire suspendue en gouttes acides

    Mais comment donc vais-je pouvoir me sortir de ce pas rompu à une existence monacale et aride

     

    Avec le temps je comprendrai pourquoi il fallait faire ainsi et peut-être qu’un jour je serai

    De nouveau ivre de parole et de mots sans dérive incongrue soulagé de l’injonction du laquais

    Les soldats de la cité épousent les paroles de leur roi acharné à me voir disparaître du paysage

    Mais aucun de ces retors-bouffons m’obligera au silence et très vite j’écris une nouvelle page

     

    L’écrivain cloitré dans une chambre froide et muette retrouve l’équilibre temporelle et repart

    Dans l’aventure de ses récits en dérangeant dix fois plus l’ordre établi par l’édit culturel de césar

    C’est de mes quatre murs d’enceinte que je porte à présent  l’escarmouche sur ce pouvoir perdu

    C’est ici que désormais j’accoucherai de mes mots l’intrépide bataille pour l’amour de cette ingénue

     

    Joseph Bernard

  • Le mystère d'Adam

    Un homme plein de largesse désosse le temps en quelques secondes

    Il démêle le fils perdu dans l’histoire raccourci par les théoriciens en mal-être

    Il égraine les minutes déployées dans ce rivage cosmique miroir du ciel

    Et abandonne les illusions sur un banc anodin mais glauque à souhaits

     

    Une femme incertaine remonte la mécanique de l’espace arquiliens

    Cette race ancienne qui quitta la terre bien avant l’arrivée de l’homme

    De cette découverte le monde scientifique en fait fi et interne l’initiatrice

    Finalement du fil temporel se dégage le fils du sang jugeant l’impossible improbable

     

    Un enfant sans complexe ouvre des portes sans les refermer...c’est un enfant

    Il saute les rambardes le souffle au vent fort de sa jeunesse et de sa détermination

    Soudain il accroche une étoile venue visiter la planète...la pauvre petite !

    Il appelle l’homme pour désosser  le spécimen invertébré et l’homme arrive

     

    La femme se gausse de l’inutile travaille du mâle qui s’acharne sur l’étoile

    Elle décoche une coup de pied dans l’arrière-train du personnage et embarque l’étoile

    Nous ne revîmes jamais la femme ni l’étoile ni l’enfant ni la lumière

    L’homme seul sur terre n’a plus rien pour briller...adieu espèce humaine !

     

    Tu en as mis du temps pour retourner avec ton irrévérence dans la grotte de ton enfance !

    Reste bien loin de nous toi l’échec de ma vie je vais me remettre à l’ouvrage

    Créer une autre race dépassant l’humain en éliminant toute sa haine et ses instincts guerrier

    Mon nouvel homme racé est né, oups ! C’est une femme…..C’était donc ça l’histoire la vraie !

     

    Eve est bien la perfection, l’étoile née d’Adam ou est-ce aussi une illusion ?