Une bouteille à mer

Claquements inattendus sur un ban de ruines attendant la correspondance de douze heure

Sur la baie opposée à la salle d’embarquement volontaire trois corps gisent de bonheur

Des anciens inscrits pour le voyage qui finalement se sont donnés la mort pour fuir

L’implacable destin réservés aux volontaires du programme « destination Vioquir »

 

Une oraison funeste perdue dans la lame bleuté de l’océan s’agite telle une ombre

Planant sur les « élus » qui partiront 5 millions sans inverser l’issue ni le nombre

Je ne sais pourquoi j’esquivais ce jour-là un refus d’obtempérer à l’ordre militaire

De rejoindre le convoi pour la gloire de ma nation et la lutte pour la suivie humanitaire  

 

Un destin une fissure un hiéroglyphe une ficelle ...tant d’éléments qui orientèrent mon choix

Une intuition une croyance un flair une pensée tant de sentiments qui assurèrent ma voie

Celle d’un homme libre dépaysé par l’intérêt général et telle la mésange citadine et latine

 Je marchais sur le rebord de ce toit comme le funambule acrobate imitant la zibeline

 

 J’avais découvert qu’au nom du bon sentiment national nos chefs préparaient le pire brasier

Dans lequel périraient millions par millions les plus faibles de la cité avec une cruauté niée

Les âmes rebelles accompagnaient le cortège vers la dernière demeure...la dernière rumeur

Un vaisseau planétaire chauffait sur l’ère d’envol l’air de rien comme une routine ultérieure

 

Si seulement ils savaient si seulement j’avais su plus tôt le but ultime de ce voyage

Une seconde chance disaient-ils une nouvelle planète attendaient les colons sauvages

L’annonce alléchante du pouvoir les avait convaincus et d’un pas serein ils accoururent

Répondre à l’arnaque colossale organisée et ventilée par  des chefs des traitres des raclures

 

Un vertige incessant m’empêcha d’accepter au dernier moment ce nouveau challenge

J’avais senti la supercherie mais trop tard...En signant le formulaire A75Z pas d’échange

Alors pour rester libre et éviter une exécution certaine je pris le maquis me cachant près du quai

Nous étions trois insoumis trompant la vigilance de nos gardes et échouâmes dans la baie

 

Cachés de tous, nous observâmes la scène et accompagnâmes nos camarades de fortune

Qui en rejoignant le vaisseau maudit se réjouissaient déjà de leur prochaine Neptune

Une minute après le décollage l’explosion un ciel meurtri une apocalypse vision

« Pas de témoin » annonça le chef de l’escouade en nous retrouvant et trois balles en violation

 

 Bientôt, amis terriens, frères humains, vous rentrerez à nouveau dans l’ère du sang

Ou les plus forts en finiront avec les plus faibles de leur race et les plus vieillissants

Comme nous vous connaitrez la peur des massacres programmés pour le bien de l’humanité

Je vous transmets ce message dans cette bouteille : prenez le maquis de la liberté

 

Joseph Bernard

 

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